Présidentielle en Guinée : tensions dans l’attente des résultats officiels

Alors que les résultats officiels du scrutin présidentiel du 18 octobre ne sont pas encore connus, plusieurs quartiers de Conakry ont été le théâtre d’affrontements, lundi, après que Cellou Dalein Diallo a revendiqué la victoire. La Cedeao, l’UA et l’ONU, qui jugent « regrettable » cette proclamation anticipée, appellent au calme et à la retenue.

La journée de vote de dimanche avait été calme, aucun incident majeur n’ayant été répertorié. Mais lundi, la tension est montée d’un cran, à Conakry, alors que les résultats officiels du premier tour de la présidentielle n’étaient toujours pas connus. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a en effet 72 heures, à compter de la réception du dernier procès-verbal de résultat, pour les proclamer.

Cela n’a cependant pas empêché Cellou Dalein Diallo, l’opposant qui défie pour la troisième fois Alpha Condé dans les urnes depuis 2010, de prendre la parole pour revendiquer la victoire. « Mes chers compatriotes, malgré les graves anomalies qui ont entaché le bon déroulement du scrutin du 18 octobre et au vu des résultats sortis des urnes, je sors victorieux de cette élection dès le premier tour », a-t-il lancé vers 15 heures, devant une foule de journalistes et de partisans rassemblés au quartier général de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dans la commune de Ratoma, l’un des fiefs de son parti.

Heurts à Ratoma

La prise de parole a été courte. À peine deux minutes. Mais elle a déclenché une gigantesque explosion de joie parmi les militants qui avaient pris d’assaut les lieux, scandant « président Cellou ! ». « J’invite tous mes compatriotes épris de paix et de justice à rester vigilants et mobilisés pour défendre cette victoire de la démocratie », a conclu l’ancien Premier ministre de Lansana Conté, avant de rejoindre son domicile situé à Dixinn escorté par un convoi de militants en voiture et à moto.

Les sympathisants de Cellou Dalein Diallo n’étaient pas les seuls visibles le long de l’autoroute Le Prince qui traverse son fief de Ratoma d’ouest en est : les forces de l’ordre – police et gendarmerie – étaient omniprésentes.

La tension est encore montée d’un cran dans la soirée, dans les quartiers riverains de cet axe traversant Ratoma. Selon plusieurs témoins, des coups de feu ont été entendus, et la police a fait également usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants. Si Cellou Dalein Diallo a évoqué la mort de « trois jeunes garçons et plusieurs blessés par balles », les autorités n’ont, pour l’heure, pas confirmé ce bilan. Des scènes identiques ont été observées dans plusieurs autres villes du pays, notamment à Boké (nord-ouest), Labé (nord) ou encore Nzérékoré (sud-est).

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